22 avril 2005

Khalid OUARYI à Emarrakech : Nous ne sommes pas des proies faciles à manipuler

Les "sorties médiatiques" des lauréarts de l'ISIC se suivent et ne se ressemblent pas. Après l'interview de Tarik Qattab (Rbati de chez Aujourd'hui le Maroc) voici donc l'entretien de Khalid Ouarii réalisé par l'équipe du webzine www.emarrakech.info (voilà, je cite la source, comme ça tout le monde reste content! :p)) journaliste à Assahifa et Marrakechi de son état.

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Né à Marrakech, le 14 janvier 1979, Khalid OUARYI a quitté la ville ocre pour intégrer l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication de Rabat, Responsable Média de l’hebdomadaire national, Assahifa Al-Ousbouia. Entretien.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que votre organe de presse est financé par des parties qui veulent semer la zizanie au Maroc ?

Il n’ont qu’à consulter le compte bancaire de notre journal, je leur fait épargner cet effort en affirmant qu’ Assahifa est un journal «survivant » de ses ventes hebdomadaires qui ont atteint dans les 6 derniers mois de l’année 2004, 25 000 unités vendues. Si on associe la vente de nos éditions aux espaces publicitaires sur nos rubriques, Nous arriverons en fin de conte à assurer notre équilibre financier. La publicité constitue un problème à part, dans la mesure où nous ne pouvons en jouir pleinement car plusieurs facteurs interviennent. Une question s’impose à ces propos : pourquoi la presse écrite arabophone ne bénéficie pas des récoltes publicitaires à l’instar de la francophone ?
Pour ce qui est de «semer la zizanie au Maroc », je vous confirme le contraire, nous ne sommes pas des proies faciles à manipuler par ceux qui veulent semer la zizanie au Maroc, le contenu de nos rubriques en est la véritable preuve. Où est le non -nationalisme dans nos reportages, articles, et décryptages ? C’est plus un débat politique que Médiatique. Notre amour à la nation est non discutable et aucun journaliste n’a le droit d’entrer dans ce faux débat. Chaque membre de l’équipe de rédaction peut très bien adhérer ou ne pas adhérer à un parti politique, ce qui nous lie est notre charte de collaboration en abstraction de notre appartenance politique, qui est notre ligne éditoriale s’inscrivant dans le cadre de notre métier médiatique et non pas politique.

N’avez vous pas la sensation que la liberté d’expression exercée par ASSAHIFA se fait au détriment de la liberté d’interprétation du citoyen et son besoin d’information ?

Non, nous ne sommes pas les seuls sur le marché, chaque journal offre sa couleur et le lecteur est devant l’embarras du choix.

Pourquoi Assahifa n’a pas de site Web alors que la version française du «groupe Jamîi» le Journal en a?

J’avoue que c’est notre maillon faible, je pense qu'il est temps qu’Assahifa lance son site web, dans la mesure où ce dernier permettra aux lecteurs à l’extérieur du Maroc de découvrir le contenu de nos rubriques.

Ce retard ne s’explique-t-il pas par la crainte de diminuer vos ventes en « Papier » ?
Les expériences ont prouvé que le site Web ne cannibalise pas le support papier si le journal est réussi. L’exemple de TEL QUEL est révélateur. Ses ventes se comportent toujours bien, en dépit du lancement du site Web.

Mais, on trouve toujours, un décalage entre le contenu de leur site Web et le contenu de la version papier ?

Ceci s’explique par une approche Marketing permettant à la version papier de se vendre dans les kiosques et offrir l’occasion à ceux qui ont raté les anciens numéros de recueillir le contenu.

A votre avis, qui lit ASSAHIFA ?

Celui, qui aime Assahifa au point de lui consacrer 5 dhs hebdomadairement, si notre produit est bien vendu via les kiosques, c’est parce que nous répondons aux attentes des lecteurs. Personnellement, je n’écris pas pour un autre journaliste, ni pour le ministre de la communication, ma cible est le lecteur.

Mais, à lire votre Page Média, on a l’impression que vous vous adressez uniquement aux journalistes?

Votre constat est partiellement vrai, il est justifié par la vocation technique et analytique de notre contenu. La page média est une extension des autres rubriques d’Assahifa.
Nous nous éloignons autant que faire se peut de tomber dans le piége des analyses des émissions télévisées, ou de leurs animateurs. De surcroît, le secteur médiatique national a relévé plusieurs défis, nous devons être à la hauteur de ces grands événements médiatiquement parlons.

A lire vos rubriques, on a l’impression que rien ne va dans ce pays, Ne serait-il pas préférable de présenter de temps à autres des solutions pour ce Maroc que ASSAHIFA critique?

Qui a dit un jour que le rôle de la presse, est de présenter des solutions ? Je suis journaliste de formation et pendant mes 4 années d’études à l’Istitut Supérieur de l’Information et de la Communication, on ne m’a jamais enseigné que la présentation des solutions est le cheval de bataille de la presse. Je suis payé pour communiquer l’information, et c’est à l’élu parlementaire de présenter des solutions.

Si vous n’étiez pas journaliste à Assahifa, auriez-vous posé les mêmes questions à GHAZALI lors de l’émission l’autre dimension ?

Certainement, les questions que j’ai posées à Mr Ahmed GHAZALI sont liées à ma fonction médiatique et non pas à ma fonction médiatique au sein du journal Assahifa et à la nature de la mission remplie par Mr GAHZALI en tant que président du Conseil Supérieur de la Communication et l’Audiovisuel. Je ne pense pas que les journalistes sont façonnables par les journaux auxquels ils appartiennent de cette manière caricaturale.

Et pourtant vous avez interviewé Mme Malika Malake juste avant votre participation au Débat de son émission «l’autre dimension», Etes-vous entrain de vous jeter des fleurs ?

Non, je me suis entretenu avec Mme Malika Malake, bien avant, elle m’a contacté, pour m’avouer avoir apprécié la qualité des questions posées, et m’ a proposé plus tard la participation à son émission. L’idée m’a été d’une grande opportunité, vu la qualité de l’invité de l’émission M Ghazali, avec qui je me suis déjà entretenu dans le cadre du SMSI de Genève.

Pourquoi toute l'équipe de rédaction d'Assahifa est masculine ?

C’est un pur hasard, nous avons besoin d’une journaliste, au sein de notre équipe de rédaction, entre (…), si l’idée t’intéresse, je t’invite à déposer ta candidature pour regagner l’équipe Assahifa.

Etant donné que vous êtes le seul journaliste de formation au sein de l’équipe ASSAHIFA, Quelle est votre valeur ajoutée au journal ?

Ma valeur ajoutée n’aura pas de sens si elle ne s’associe pas à l’ensemble des valeurs ajoutées de mes collègues, ces derniers sont lauréats des universités de grande renommée, et détiennent des diplômes de Doctorat qui dépassent largement ma formation initiale. Nous opérons en Equipe et nous sommes complémentaires

Pourquoi cette monopolisation de vos sujets sur le Roi, BASRI et les années de plomb ?

C’est lié à l’importance des événements, c’est aussi le fruit de la concertation entre tous les membres de rédaction. Le fait que la photo du roi soit omniprésente sur nos pages de couverture, est justifié par la qualité du Roi comme étant la plus haute autorité du royaume. Pour ce qui est de LAANIGRI, il est à dire que depuis le 16 Mai 2003, le débat sur la sûreté est devenu de notoriété publique.

Que pensez-vous des mesures prises lors des premières assises nationales de la presse, tenues dernièrement à Skhirate?

Je vous réponds par la phrase que j’ai mise au titre d’Assahifa à cette occasion, C’est Le journaliste Khalid OUARYI à Emarrakech : un autre complot à Skhirate, qui n’a pas abouti à sa fin.

Que pensez-vous des organes de la presse partisane ?
Ce sont les pionniers de la presse partisane, qui ont préparé le climat propice à l’exercice de la profession médiatique indépendante. Ils ont excellé avant même la rencontre des pères et mères des fondateurs de la presse indépendante. Je tiens à leur rendre un grand hommage par cette occasion.

Pour vous, la presse est-elle un quatrième pouvoir au Maroc ?
C’est un pouvoir qui essaye de s’imposer devant les trois pouvoirs existants.

Quelles sont vos principales sources d’informations?
Je ne serai plus journaliste, se je vous les divulgue.

Si on vous propose, un bon salaire, ailleurs, quitterez-vous Assahifa ?
Le salaire n’est pas ma seule motivation professionnelle à Assahifa.

Quelle est votre philosophie dans la vie ?
Ma philosophie dans la vie est ne pas voir une seule philosophie.

Quel est le trait de votre personnalité qui n’apparaît pas au lecteur ?
Je suis lunatique, dans ma vie personnelle. 

Propos recueillis par S.A "

Posté par Youssef Boufous à 18:07 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Khalid OUARYI à Emarrakech : Nous ne sommes pas des proies faciles à manipuler

    Equipe Emarrakech

    Bonjour

    Merci de citer notre source d’informations en cas de publication du contenu de nos rubriques, en mentionnant l’adresse de notre portail d’information www.emarrakech.info , ou rendre cliquable le nom Emarrakech. Nous avons lu à maintes reprises des informations de nos rubriques reproduites sur votre site. Et étant donné que vous êtes futures professionnels médias, les règles de la professions dictent le renvoi aux références de base.

    Cordialement

    L’équipe de Rédaction Emarrakech

    Posté par Emarrakech, 25 avril 2005 à 00:33 | | Répondre
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